Les missions du poste

Établissement : Université de Picardie - Jules Verne École doctorale : Sciences Humaines et Sociales Laboratoire de recherche : CHSSC Centre d'Histoire des Sociétés, des Sciences et des Conflits Direction de la thèse : Manon PIGNOT Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-10T23:59:59 La fin de la guerre d'Algérie provoque de nombreux mouvements de population entre le territoire algérien et la métropole. On estime qu'environ 936 231 Français d'Algérie sont arrivés en métropole durant l'année 1962. À cela s'ajoutent environ 16 000 harkis et leur famille. La plupart d'entre eux s'installent dans le Sud de la France en raison de conditions de vie similaires avec celles en Algérie. Cependant, la part des rapatriés d'Algérie qui s'établissent dans le nord la France n'est pas pour autant à négliger. Cette thèse s'attachera à étudier le phénomène de rapatriement à l'échelle du nord de la France, soit les départements de la Somme, l'Oise, l'Aisne, le Pas-de-Calais et le Nord.
Cette étude des rapatriés d'Algérie dans le nord de la France s'articulera en trois axes. Dans un premier temps, il s'agira d'analyser la gestion du rapatriement par les administrations et les autorités politiques. D'une part, via les dispositifs mis en oeuvre par l'État à l'échelle nationale, et d'autre part, via leur déclinaison concrète dans les départements. Le second niveau d'analyse concernera l'insertion économique et sociale des rapatriés. Il s'agira de comprendre dans quelle mesure les politiques publiques ont pu répondre ou non aux besoins concrets des rapatriés, notamment en matière de travail et de logement. Pour finir, il s'agira d'étudier les dynamiques d'intégration sociale, notamment en fonction des différentes catégories de rapatriés.
Cette recherche s'appuiera sur des documents administratifs, des mémoires publiés et des enquêtes orales, ainsi que sur les périodiques et publications locales ou régionales.
L'historiographie de la guerre d'Algérie s'est considérablement enrichie depuis un demi-siècle. Elle s'est ouverte à de nouveaux objets, à de nouvelles méthodes et à de nouveaux acteurs. Cependant, elle reste traversée par des débats vifs et des enjeux mémoriels puissants, qui témoignent de la persistance du traumatisme colonial dans la société française contemporaine. Les années 2000 et 2010 sont marquées par l'ouverture progressive des archives. Cette évolution favorise l'émergence de thématiques inédites, telles que la question des Harkis, le sort des victimes civiles, ou encore la mémoire des différentes communautés concernées. La parole des acteurs du conflit, longtemps muselée, commence à se libérer, enrichissant le travail des historiens et permettant une approche plus nuancée et plus humaine des événements. La question de l'exode des Pieds-noirs, ces Français d'Algérie contraints de quitter le pays après les accords d'Évian en 1962, fait également l'objet de recherches approfondies.
La thématique du rapatriement, et donc des rapatriés, s'inscrit naturellement dans l'historiographie de la guerre d'Algérie. Néanmoins, les analyses qui lui sont accordées restent généralistes, avec des statistiques et des exemples à l'échelle nationale. Les études axées sur des territoires spécifiques se concentrent majoritairement sur la partie méridionale de la France puisque la majorité des rapatriés s'y établissent à leur arrivée. Les enquêtes menées sur le nord de la France sont plus marginales et portent davantage sur la population harki, sans offrir de véritables comparaisons systématiques entre les différentes catégories de rapatriés. Cette thèse s'attachera à approfondir les sujets soulevés par Bérenger Bonneau en élargissant à l'ensemble des rapatriés (Pieds-noirs, Harkis et Juifs d'Algérie), mais aussi à une échelle régionale élargie : le nord de la France. En effet, le rapatriement n'est pas vécu de la même façon par tout le monde. La pluralité des situations fait ressortir le caractère polymorphe de l'expérience du rapatriement.
Cette étude des rapatriés d'Algérie dans le nord de la France s'articulera en trois axes. Dans un premier temps, il s'agira d'analyser la gestion du rapatriement par les administrations et les autorités politiques. Le second niveau d'analyse concernera l'insertion économique et sociale des rapatriés. Pour finir, il s'agira d'étudier les dynamiques d'intégration sociale.
Ce projet de thèse s'inscrit dans les objectifs du CHSSC. Ce centre, spécialisé dans l'histoire des conflits, est certes identifié comme un centre de recherches sur la Première Guerre mondiale, mais a affiché dans son projet 2026-2031 de développer encore plus des recherches sur d'autres conflits, en particulier plus récents.

Le profil recherché

Le ou la candidat.e devra avoir une connaissance solide de l'historiographie de la guerre d'Algérie mais aussi du phénomène guerrier en général, ainsi que des fonds d'archives disponibles. Il est essentiel de maitriser les principes de l'enquête orale. Une formation préalable en histoire contemporaine en licence et master est impérative.

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