Thèse S2bf Sol-Blé × Biosolutions-Fongicides - Physiologie du Blé et Devenir des Fongicides en Systèmes Intégrant Biosolutions Trl Avancé et Leviers Agroécologiques H/F - Doctorat.Gouv.Fr
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Les missions du poste
Établissement : Université de Picardie - Jules Verne École doctorale : Sciences, Technologie, Santé Laboratoire de recherche : EDYSAN - Unité de recherche Ecologie et Dynamique des systèmes anthropisés Direction de la thèse : Jerome DUCLERCQ ORCID 0000000244190307 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-15T23:59:59 Cette thèse vise à comprendre comment la physiologie du blé, modulée par des biosolutions à TRL avancé et des leviers agroécologiques, influence l'absorption, la translocation et l'accumulation finale des fongicides du sol jusqu'au grain. Inscrite dans les projets COBIOTERRE (Grand Défi France 2030) et COVERBIO (ANR Ecophyto Maturation), elle s'appuie sur des dispositifs co-construits avec les agriculteurs intégrant réduction fongicide, biosolutions microbiennes et pratiques agroécologiques (couverts enrichis en légumineuses, gestion de l'azote).
L'approche combine expérimentations sous serre et suivis multi-sites au champ afin de relier les profils de résidus (grain, sol, eau du sol) à des indicateurs de physiologie végétale (croissance, architecture racinaire, statut nutritionnel).
La thèse considère la plante comme un compartiment biologique actif gouvernant le devenir des molécules phytosanitaires, au-delà des seuls effets d'usage. Elle vise à objectiver l'impact réel des systèmes intégrés sur les résidus environnementaux et alimentaires, et à identifier les déterminants agronomiques et physiologiques de leur variabilité.
Les résultats attendus contribueront à l'évaluation environnementale des biosolutions prêtes à déployer et fourniront des références opérationnelles pour accompagner la transition agroécologique, en lien direct avec les acteurs du territoire.
La réduction de l'usage des pesticides constitue un enjeu majeur dans le cadre des politiques européennes (Green Deal, directive 2009/128/CE) et nationales (Ecophyto 2030). Malgré cela, les fongicides restent largement utilisés en grandes cultures, notamment sur blé, et leur présence persistante dans les sols agricoles est largement documentée.
Le devenir des fongicides repose sur des processus complexes impliquant à la fois le sol (sorption, dégradation, biodisponibilité) et la plante, qui agit comme un compartiment biologique actif capable d'absorber, de transloquer et de compartimenter les molécules.
Parallèlement, les pratiques agroécologiques et les biosolutions modifient fortement la physiologie des plantes et le fonctionnement des sols. Toutefois, leur impact sur la dynamique des résidus phytosanitaires reste très peu étudié.
Ce projet se positionne ainsi sur un verrou scientifique majeur : comprendre comment ces systèmes en transition influencent simultanément la réduction des intrants et le devenir des contaminants dans les agroécosystèmes. L'objectif général est de comprendre comment des systèmes de culture intégrant des biosolutions et des leviers agroécologiques modulent le devenir des fongicides dans le continuum sol-plante-grain.
Plus spécifiquement, il s'agit de :
- caractériser la dynamique des résidus de fongicides dans le sol, l'eau du sol et le grain ;
- relier ces dynamiques à des paramètres de physiologie du blé (croissance, architecture racinaire, statut nutritionnel) ;
- analyser l'effet combiné des biosolutions et des pratiques agroécologiques sur l'absorption, la translocation et l'accumulation des molécules ;
- comparer les mécanismes observés en conditions contrôlées et en conditions réelles de production. Le projet repose sur une approche intégrée combinant :
- des expérimentations en conditions contrôlées (serre) pour analyser les mécanismes biologiques (physiologie du blé, absorption et translocation des fongicides) ;
- des suivis multi-sites au champ, dans des dispositifs co-construits avec des agriculteurs, intégrant biosolutions et leviers agroécologiques ;
- des analyses multi-résidus (sol, eau du sol, grain) par des méthodes analytiques de type LC-MS/MS;
- des mesures de traits fonctionnels des plantes (biomasse, architecture racinaire, nutrition) ;
- des analyses statistiques multivariées et des approches de modélisation pour intégrer les données.
L'ensemble s'appuie sur les infrastructures d'EDYSAN et de la plateforme analytique de l'UPJV, ainsi que sur les dispositifs expérimentaux des projets COBIOTERRE et COVERBIO.
Le profil recherché
Le ou la candidat(e) devra être titulaire d'un Master (ou équivalent) en agronomie, biologie végétale, écologie ou sciences du sol. Une bonne compréhension des systèmes sol-plante et un intérêt pour l'agroécologie sont attendus.
Des compétences en expérimentation (serre et/ou terrain) sont requises, ainsi qu'une appétence pour les approches analytiques, notamment en chimie environnementale (extraction, préparation d'échantillons, compréhension des analyses de type LC-MS/MS) ou une forte motivation à se former sur ces aspects.
Le ou la candidat(e) devra également présenter des compétences en analyse de données (statistiques, R), ainsi que des qualités d'autonomie, de rigueur et d'organisation, en particulier pour la gestion de dispositifs expérimentaux multi-sites.
De bonnes capacités rédactionnelles en anglais scientifique sont attendues, ainsi qu'un intérêt pour le travail en interaction avec des partenaires académiques et opérationnels.